sophie

« Quand je vois que l’écologie n’est pas l’argument premier des politiques alors que la planète est notre maison, j’ai parfois du mal à ne pas être inquiète pour l’avenir. »

L’écrivaine aux mille vies

Sophie a un parcours atypique. Pourquoi atypique ? Parce qu’elle elle n’a que le bac en poche, et une vaste gamme d’expériences à son ac-tif : poissonnière pendant deux ans, jeune fille au pair à Londres, puis collaboratrice chez Walt Disney World aux États-Unis. Elle enchaîne les petits boulots en tant qu’hôtesse d’accueil et atterrit dans une agence de communication. La directrice de l’époque lui donne sa chance pour devenir cheffe de projet, il y a bientôt treize ans maintenant.
Pour autant, cette mosaïque d’expériences ne fait pas de Sophie une personne éparpillée ou qui aime segmenter ses intérêts. À l’écouter, ses deux passions depuis l’enfance (l’écriture et la nature) irriguent son intérêt pour une communication qui ait du sens. Pour elle, lier vie personnelle et vie professionnelle est fondamental : « Je cherche à avoir une linéarité entre les deux, je veux vivre les deux de la même manière. D’ailleurs il y a beaucoup de perso dans mon travail, j’aime mon métier pour les échanges que j’ai avec mes collègues. »

La romancière qui aimait la mer

C’est dans son enfance, ponctuée de vacances dans la famille en Bretagne, au contact de la mer et entourée de livres, que Sophie a puisé ses armes. Petite, elle écrivait des romans. « J’imagine que tout a commencé parce que j’ai beaucoup d’imagination, et puis la bibliothèque chez mes grands-parents était énorme. La lecture était pour mes sœurs et moi le passe-temps fortement encouragé par notre mère. » Dans les romans qu’elle continue d’écrire aujourd’hui, deux thèmes reviennent souvent : les quiproquos et le deuil. « Quand j’ai perdu ma maman il y a un an et demi, je me suis rendu compte que ma manière d’appréhender et de décrire le phénomène du deuil était plutôt juste », analyse-t-elle.
Pour suivre son autre passion, l’océan et les baleines, elle rêve d’ail-leurs et de partir un jour les observer au Canada. Cette passion, paradoxalement, entamerait presque son optimisme : « Quand je vois que l’écologie n’est pas l’argument premier des politiques alors que la planète est notre maison, j’ai parfois du mal à ne pas être inquiète pour l’avenir. » Et c’est pour protéger la vie aquatique qu’au bureau comme auprès de ses amis elle « embête tout le monde pour le tri et le gaspi », dit-elle avec le sourire dans la voix. Une façon d’agir, et de dire ce qui compte.