patricia

« Au début, j’ai rencontré des gens qui avaient 50 ou 60 ans et qui étaient étonnés de me voir conduire le chantier et la mise en service. Ce n’était pas forcément évident. Il a fallu s’imposer. »

Une technicienne parmi les hommes

« J’ai 50 ans, ça fait trente ans que je suis dans le métier, rien qu’avec des hommes. » Patricia, la voix forte et rieuse, raconte son parcours de femme « intéressée par tout ce qui est technique » dans un environnement où, en tant que femme, elle a toujours été minoritaire. Après un début de carrière dans la maintenance, elle a intégré un service d’électricité et régulation dans lequel elle est toujours, mais qui a « beaucoup changé et évolué ». Son métier consiste à prendre un dossier depuis sa phase de validation pour en construire l’électricité, de la menée d’études jusqu’à la mise en service du site et la réception avec les clients, en passant par le choix des sous-traitants et la conception du chantier.
Au début, « j’ai rencontré des gens qui avaient 50 ou 60 ans et qui étaient étonnés de me voir conduire le chantier et la mise en service. Ce n’était pas forcément évident. Il a fallu s’imposer, mais j’ai un caractère relativement fort », dit-elle en riant, avant de souligner qu’elle a « toujours eu des collègues très sympas ».

S’imposer et inspirer

Pour Patricia, les femmes ont beaucoup à apporter dans les métiers techniques parce qu’elles sont rigoureuses et pointilleuses : « Pour les chantiers, c’est intéressant, car plus on va dans les détails dans les études, moins on est embêtées dans la conception et la mise en service. » Et puis les choses ont évolué, d’autres femmes sont arrivées, même si ce sont plutôt des ingénieures que des profils vraiment techniques. Patricia veille à soutenir ces nouvelles recrues, hommes et femmes, à leur transmettre ce qu’elle sait, ce qu’elle a appris sur le tas aussi.
C’est d’ailleurs l’un des aspects de son métier qui lui plaît le plus : rencontrer des gens différents, apprendre d’eux, s’en enrichir. « Les relations humaines, c’est très important, c’est ce qui permet d’avancer », dit celle qui rêve d’un monde « moins égoïste et moins individualiste, où les gens s’entraident et s’ouvrent vers les autres ».