marylene

« Je crois en cette notion de petites actions au niveau local, qui peuvent amener loin et faire aboutir un projet ambitieux. »

De la quête de sens à l’émancipation

Si Marylène estime qu’elle se pose trop de questions parfois, c’est parce qu’elle aime sonder le sens de tout ce qu’elle entreprend. Elle l’a d’abord fait en reprenant ses études en 2012 pour suivre un master en coopération internationale, à la suite duquel elle travaille pour une ONG. Mais cette expérience dans le monde associatif lui fait prendre conscience qu’elle a « davantage envie de donner des coups de pouce pour aider les gens à devenir autonomes plutôt que de financer un service à leur place ». Quelques années plus tard, elle prend un poste chez ENGIE Cofely et se met en quête d’une activité bénévole dans laquelle elle se retrouve et se sente « utile ». Elle devient ainsi la gérante d’une CIGALES (club d’investis-seurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire), qui « soutient et investit dans des projets entrepreneuriaux locaux, à vocation sociale ou environnementale, donc à impact positif, et qui permettent sou-vent à leurs porteur de se réinsérer professionnellement ».
Chaque club CIGALES est en effet constitué de 5 à 20 membres, des épargnants, qui ne sont pas nécessairement des gens issus du monde de l’entreprise ou des mêmes milieux sociaux. C’est donc aussi une expérience humaine forte qui contribue à la richesse et au succès de la démarche.

Des petits gestes pour créer un impact

En quatre ans, son club a soutenu huit projets. L’un d’eux lui tient particulièrement à cœur : La Conquête du pain, à Montreuil. « C’est une boulangerie solidaire où travaillent des personnes en réinsertion professionnelle. Elle propose certains produits comme la baguette ou le croissant à des prix “ sociaux ”, très accessibles, et pratique aussi le principe de la “ baguette suspendue ”. » Son engagement auprès de cette structure participe à sa volonté de créer un impact : « Je crois en cette notion de petites actions au niveau local, qui peuvent amener loin et faire aboutir un projet ambitieux et aux impacts multiples », explique-t-elle. Et ça marche : deux tiers des entreprises soutenues par des CI-GALES continuent leur activité au bout de cinq ans (contre un tiers pour les entreprises non cigalées). À l’issue de son parcours fragmenté mais toujours guidé par l’envie d’être utile, Marylène est reconnaissante : « C’est une chance d’avoir pu me reconvertir et me questionner, et je rêve d’un monde où chacun pourrait, quel que soit son parcours et son projet, avoir cette opportunité de rebondir. »