marie

« Aller travailler dans une prison, c’est retrouver le sens de l’intérêt général. »

La prison, une reconversion de conviction

« Aller travailler dans une prison, c’est retrouver le sens de l’intérêt général. » En avril 2017, Marie quitte sa « tour de La Défense peuplée de cadres » et son poste dans la branche énergie pour devenir responsable du site de la maison d’arrêt de Villepinte (93). « J’ai une formation en sciences poli-tiques donc la notion d’intérêt général est importante pour moi. Je suis engagée depuis longtemps aux Restos du Cœur et le décalage était un peu trop important entre mes valeurs et mon quotidien, même si mon métier me plaisait beaucoup. »
À Villepinte, GEPSA gère le Facility Management de la prison, de la restauration à la maintenance, en passant par le nettoyage, la buanderie, le travail des détenus, leur magasin, leur transport et l’accueil des fa-milles. « Si on fait bien notre travail, on soulage l’administration, et les détenus vivent mieux, on travaille à leur réinsertion, souligne Marie, c’est un travail engagé, dans un secteur difficile, et c’est le sens qui fait tenir certains jours, se dire qu’on est utile à la société, aux détenus et à leurs familles. »

Féminisme et solidarité

Si son choix en a étonné certains, elle assume : « Quand on a envie de faire quelque chose et qu’on a des opportunités de reconversion, il ne faut pas hésiter. » En particulier quand on est une femme et qu’on évolue, comme elle, dans un milieu plutôt masculin : « Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on ne peut pas faire des trucs d’homme. Les femmes ont le droit de s’épanouir au travail. ENGIE est un groupe majoritairement masculin mais il est grand, j’en ai profité pour trouver un poste qui me correspondait davantage. » Cette conviction que chacune peut tracer son propre chemin l’a aussi poussée à devenir animatrice d’un groupe WiN (le réseau international Women In Networking d’ENGIE), qui depuis 2015 réunit une quinzaine de femmes pour parler travail et développe-ment personnel. L’objectif : « Faire du réseau mais aussi se soutenir dans les coups durs de la vie. » L’entraide est importante pour Marie, qui déplore le manque d’engagement et de solidarité dans nos sociétés. « Je rêve d’un monde où les gens se concentreraient moins sur ce qui ne va pas, où ils seraient plus actifs aussi. Plutôt que de râler, on peut toujours faire, prendre les choses en main, aider, se former. » Son parcours en est la preuve : on peut toujours agir, en tant que bénévole aussi bien que dans son travail.