camille

« Il n’y a pas d’âge pour commencer une activité physique : le fait d’avoir transpiré, d’avoir fait battre votre cœur, d’avoir couru avec les copains, c’est un plaisir unique à ressentir. »

La technicienne qui n’a pas froid aux yeux

S’il y a un trait de caractère qui résume Camille, c’est peut-être la persévérance. Elle la tient de sa famille, « où la lignée de femmes a toujours poussé à l’indépendance des filles. Quelque part, je pense que cela a forgé mon caractère », raconte-t-elle. À moins que ce ne soit ses quinze années passées à taper le ballon rond sur les terrains de foot au niveau national. Même si elle a raccroché les crampons il y a trois ans, Camille retient un enseignement appris sur le terrain : « Ne rien lâcher. » Son « approche solutionniste » et son goût des défis l’ont emmenée vers un métier — « programmer des automates » — auquel, dit-elle, rien ne la prédestinait. Après son BTS, Camille, d’abord technicienne, est ensuite devenue ingénieure outils méthodes. Elle évolue dans un milieu majoritairement masculin et, si ses collègues sont exemplaires, c’est parfois plus « le regard des clients » qui interpelle. Depuis deux ans, selon elle, les lignes bougent. Mais elle est encore la seule femme « bâtisseurs ENGIE Cofely » sur le territoire Est.

Tordre le cou aux stéréotypes

Camille est consciente d’avoir eu un environnement familial qui l’a laissée grandir et former ses goût librement. « J’ai des parents qui ne m’ont pas élevée selon des stéréotypes. Je ne me suis jamais posé de questions sur ma place de fille pendant ma scolarité en seconde technique, même si on était deux par promo. » Pour donner à d’autres cette chance, elle fait partie de l’association Elles bougent, par l’intermédiaire de la-quelle elle intervient dans des lycées pour montrer que les métiers de l’ingénierie peuvent être aussi ceux des femmes. Elle est toutefois la première à reconnaître que « cela ne suffit pas : il faut travailler en profondeur pour que toutes les jeunes filles aient dans la tête le sentiment que tout est possible ». De son côté, Camille a repris des études l’année dernière pour suivre un master d’ingénieure smart city. « J’ai un caractère où je veux évoluer et où je me remets en question », explique-t-elle. Bon sang ne saurait mentir.