benedicte

« Je rêve d’un monde où la différence ne fera pas peur. »

Une mère qui soulève des montagnes

Quand elle retrace son parcours, à grands traits et sans pause, Bénédicte, 42 ans, dit qu’elle a « soulevé des montagnes pour tout concilier ». Elle a fait des études de sciences physiques puis de commerce, vécu en Argentine et en Espagne, travaillé chez Danone et Renault, et eu trois enfants, encore petits, dont le benjamin est né handicapé, atteint d’un syndrome très rare. « Ça a été très violent, et puis j’ai pris ça à bras-le-corps, avec pour priorité de le rendre autonome et apte à la vie en communauté. » Commence alors le soulèvement de montagnes, c’est-à-dire refuser de l’envoyer dans un institut spécialisé à l’âge de 2 ans, rencontrer d’autres parents, des experts, faire des recherches en quête de méthodes de développement alternatives. C’est-à-dire, aussi, se battre pour faire ouvrir une classe ULIS afin que son fils puisse être scolarisé après la maternelle. Bénédicte a participé à la construction du programme pédagogique avec la directrice de l’école et d’autres parents d’enfants dans la même situation. Quand la classe a ouvert, en septembre 2018, « c’était quelque chose de fantastique, on avait gagné une bataille ».

Agilité et détermination

« Tout ça en conciliant mon job et nos deux autres enfants. » Bénédicte travaille à temps partiel dans le cadre de l’accord handicap, dont elle dit qu’il lui a « sauvé la vie pour lui permettre de concilier vie pro et vie per-so » : « Il est vital pour moi de pouvoir parler d’autre chose, c’est ma bouffée d’oxygène et j’adore ce que je fais. » L’agilité en même temps que la détermination qu’elle a dû développer pour aider son fils à grandir au mieux, elle les applique aussi dans son travail : à la Direction de l’Expérience Clients, « on est sur un changement de culture, on travaille sur des émotions, c’est cet accompagnement au changement qui me plaît, peut-être aussi parce que je l’ai vécu chez moi ».
Toujours calme et décidée quand elle évoque les difficultés rencontrées par sa famille, Bénédicte lâche tout de même qu’elle rêve d’un monde « où il n’y aura plus ce regard pesant et dur sur le handicap, un monde où la différence ne fera pas peur, où je verrai mon fils grandir sans inquiétude pour son avenir ». Ce monde, elle s’emploie déjà à le construire.