annick

« J’ai perdu mon père à 15 ans : ça apprend à se battre, à aller de l’avant. Peut-être que les événements de la vie rendent plus fort et permettent d’affronter les choses. »

L’hyperactive au grand cœur

À l’écouter, on a du mal à comprendre comment Annick, qui dit d’entrée de jeu avoir « le quotidien de beaucoup de femmes qui travaillent », arrive à faire tout ce qu’elle fait. À 52 ans, cette mère de trois enfants et bientôt deux fois grand-mère a toujours travaillé à temps plein. Elle aide aussi ses enfants, notamment sa fille, enceinte, dont la première fille est hospitalisée pour un problème à la hanche. Et puis elle fait de la danse classique depuis vingt ans, mais aussi de la course à pied, du Pilates et de la danse de salon avec son mari. « Je suis un peu hyperactive, comme on dirait aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait un jour où je n’ai aucune activité : ça fait partie de moi, c’est mon équilibre. Si je n’avais pas ça, je ne serais pas bien au travail, je n’arriverais pas à m’épanouir. » Mais ce qui frappe encore plus que tout ce qu’elle accomplit, c’est sa disponibilité émotionnelle. Elle se fait des amis partout où elle va. « On partage plus que l’activité sportive : les échanges, c’est enrichissant, ça fait du bien. »

Puiser son énergie dans les aléas de la vie

Professionnellement, Annick est sur le point de se lancer dans une nouvelle aventure : elle va quitter son poste de responsable d’agence pour devenir contrôleuse de gestion au niveau national. « J’ai dit au directeur de l’agence que je craignais de ne plus pouvoir apporter autant à mes collègues, parce que j’étais un peu insatisfaite au bout de dix ans. Et il a compris. » Dans son nouveau job, elle travaillera sur l’évolution des méthodes de travail : « Mon leitmotiv, c’est de travailler de façon plus se-reine et efficace, pas toujours dans la précipitation et le stress. À plus de 50 ans, on peut encore avoir des rêves et repartir vers de nouvelles choses », affirme-t-elle de sa voix joyeuse, à l’énergie communicative. Une énergie qui lui vient aussi, peut-être, de son histoire personnelle. An-nick a perdu son père quand elle avait 15 ans. « Ça apprend à se battre, à aller de l’avant. Peut-être que les événements de la vie rendent plus fort et permettent d’affronter les choses. » Ça donne peut-être aussi un sens plus aigu de la famille. La sienne l’a encouragée dans cette nouvelle étape de sa carrière : « Pour réussir professionnellement, on a besoin d’avoir une famille qui nous soutient. »