De la conception à la déconstruction : le BIM vit au rythme des bâtiments

1MIN30 | Le BIM en 1min30

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Le BIM, c’est quoi au juste ? Une jolie maquette 3D d’un bâtiment ? Un catalogue de données techniques ? Le symbole de la construction du futur ? Le BIM, c’est tout cela, oui, mais bien plus encore.

Le BIM, acronyme de l’anglais Building Information Modeling (que l’on pourrait traduire par Bâtiment et Informations Modélisées), est effectivement bien souvent résumé à un logiciel permettant de créer une maquette numérique d’un bâtiment. Or, outre cette représentation 3D qui résulte de la mise en commun de toutes les données d’un bâtiment, le BIM désigne avant tout un processus de structuration, de création, de production, d’échange, d’analyse, de gestion et d’exploitation de données intelligentes. La notion de BIM ne se limite d’ailleurs pas aux seuls bâtiments, elle inclut également l’ensemble des acteurs de la construction, de l’exploitation et de la vie d’un bâtiment. Ainsi, le BIM concerne l’ensemble du cycle de vie d’un ouvrage, de sa conception à sa déconstruction.

Cela fait une trentaine d’années que le BIM existe, alors pourquoi ce soudain intérêt collectif ? Tout d’abord, parce que les récentes avancées technologiques, dont la fulgurante progression de la puissance des ordinateurs, permettent une multitude de nouvelles possibilités, notamment une utilisation par le grand public. Ensuite, parce que le BIM apporte des solutions aux enjeux du marché et à ceux de la transition énergétique.

Il offre, par exemple, la possibilité à l’architecte d’optimiser les besoins énergétiques d’un bâtiment au moment de sa conception ; au gestionnaire de patrimoine d’anticiper les éventuels besoins de rénovation à venir ; à l’exploitant de maîtriser la performance énergétique ; à l’occupant de bénéficier d’un confort idéal.

A savoir également qu’une directive européenne est parue il y a quelques années incitant fortement les pays membres à déployer le processus BIM, notamment sur des projets publics, et certains pays ont même rendu le BIM obligatoire sur un certain type de projets. Ce n’est pas encore le cas de la France.

Architectes, maîtres d'ouvrage, exploitants, occupants… le BIM est fait pour vous !

Ingénieurs, entrepreneurs, propriétaires, exploitants… ils font tous partie de la vie d'un ouvrage, et donc de l'écosystème BIM.

  1. Bureaux d'étude, architectes et ingénieurs

  2. Maîtres d'ouvrage, entrepreneurs et fabricants

  3. Propriétaires, gestionnaires de patrimoine

  4. Exploitants et energy managers

  5. Occupants/usagers

  1. Bureaux d'étude, architectes et ingénieurs

    - La modélisation 3D accompagne les équipes à toutes les étapes du projet
    - Évite les erreurs de géométrie
    - La collaboration entre les parties prenantes est facilitée
    - Coûts de construction maîtrisés
    - Permet l'analyse et l'anticipation

  2. Maîtres d'ouvrage, entrepreneurs et fabricants

    - Une seule source de dessin
    - Modifications en temps réel
    - Maîtrise du planning
    - Fabrication plus précise

  3. Propriétaires, gestionnaires de patrimoine

    - Les informations collectées durant la construction sont remises au propriétaire
    - Elles sont enrichies durant toute la vie la vie du bâtiment
    - L'aménagement est optimisé
    - Le patrimoine prend de la valeur

  4. Exploitants et energy managers

    - Gestion du bâtiment facilité
    - Performance énergétique (gestion de l'énergie et du confort/QAI, etc.)

  5. Occupants/usagers

    - Confort optimal
    - Extranet services usagers

Interview

Thomas Huerre Directeur de Projet BIM chez ENGIE Cofely

  • Le BIM chez ENGIE Cofely, on en est où ?

ENGIE Cofely a initié depuis plus de 2 ans une démarche BIM en exploitation, se plaçant parmi les précurseurs sur ce segment. Depuis, les demandes du marché se sont développées et précisées, avec une très forte accélération au second semestre de l’année dernière. Les clients souhaitent de plus en plus son déploiement, partout en France et sur tout type de sites, existants comme neufs. Si on prend plus spécifiquement l’exemple des projets globaux, 3 projets sur 4 sont aujourd’hui demandés en BIM par le client.

  • Des exemples concrets ?

Nous pouvons citer l’exemple de la patinoire de l’Aren’Ice à Cergy. Ce complexe sportif, comportant deux patinoires olympiques, a été l’objet d’une démarche « 100% BIM », entièrement hors contrat, dans le cadre d’un partenariat avec Rabot-Dutilleul Construction.
La démarche « BIM Exploitation » est réalisée au travers de l’interfaçage de la solution de GTB avec la maquette numérique de l’ouvrage, permettant ainsi d’accroître la réactivité et la qualité des opérations de maintenance.
Nous pouvons également citer la Tour Incity à Lyon, propriété de la Caisse d’Épargne, et 3e plus haute tour de France. Sur ce site pionnier dans la démarche de « BIM Exploitation », la maquette numérique de la tour est combinée aux solutions de GTB et de GMAO au travers d’une plateforme web. La maquette est ainsi utilisée pour analyser à distance les différents équipements techniques et pour visualiser les principaux KPIs (Key Performance Indicators). Ce déploiement vient pousser encore plus loin la modernité et la performance globale de la tour.

  • Quelles perspectives ?

Le BIM est vraiment pour nous un moyen au service de multiples finalités. Notre objectif est de poursuivre nos innovations pour rendre les bâtiments toujours plus « vivants » et intelligents, au service et aux bénéfices des usagers (occupants maîtres de leur espace, qualité de vie au travail, etc.) et des propriétaires (meilleure valorisation de leur patrimoine, plans d’amélioration des performances énergétiques et d’usage, etc.). ■ 

Merci Thomas

Le BIM, un écosystème collaboratif pensé pour le bâtiment et ses occupants

En phase d’exploitation, le BIM doit être compris comme une mise en commun de l’ensemble des données du bâtiment (référentiel patrimonial, GTB, GMAO, IoT, etc.) autour d’une plateforme unique. Il s’agit de données statiques, issues de la maquette, et de données dynamiques, issues de l’exploitation. Ces données sont rendues accessibles à tous les acteurs du site et contextualisées sur des environnements 2D et 3D (maquettes numériques du bâtiment). Équipements, réseaux de tuyaux cachés sous les faux-plafonds, par exemple, mobilier et réseaux électriques sont ainsi localisables en un coup d’œil, permettant des interventions techniques plus rapides et plus précises.

Pour le propriétaire ou gestionnaire de patrimoine, exploiter son ou ses sites sous BIM revêt de nombreux avantages.
Tout d’abord, la récolte des données et leur mise en commun lui fournit une connaissance exacte de son patrimoine, mais aussi une meilleure compréhension. En effet, l’environnement 3D permet de se projeter et de mieux mesurer les enjeux d’un bâtiment.
Ensuite, Le BIM en exploitation assure au propriétaire la valorisation de son bien. Interventions rapides, économies d’énergies, amélioration de la performance globale… grâce au BIM, son patrimoine est optimisé.

Enfin, toutes ces données servent également à assurer le confort des occupants du bâtiment (température, hygrométrie, qualité de l’air intérieur, etc.) !
Un véritable écosystème alimenté par de multiples sources, travaillant au service du bâtiment mais aussi des occupants qu’il abrite !

FOCUS

Industrie 4.0 : les données au service des industriels

De données, ou data, et en grande quantité, il est en question dans le BIM, mais aussi dans l’industrie 4.0, la nouvelle révolution industrielle. Dans le contexte de l’industrie 4.0, les données sont générées par plusieurs et diverses sources comme les équipements, les personnes, les infrastructures et des capteurs. Grâce à des technologies comme le RFID et l’Internet of Things (IoT), la récolte des données est simplifiée et automatisée. Ces technologies permettent, par exemple, de suivre un produit depuis sa création à la fin de sa vie, et même de le relier à son fabricant.

Sur un site de production, le Big Data permet le contrôle de la qualité des produits tout le long des lignes de fabrication. Une fois exploitées, ces données présentent un énorme potentiel dans la gestion des produits, des stocks, du transport, mais aussi la maintenance prédictive et préventive (anticipation des pannes). L’analyse des données permettra d’être plus souple, plus rapide, et d’offrir des produits de meilleure qualité, à un meilleur coût de production.

Le BIM en 5 chiffres clés

Sample picture

Industrie 4.0 et BIM dessinent le futur du secteur du bâtiment

Le monde du bâtiment était jusqu’à présent relativement épargné par les grandes révolutions, mais il se trouve aujourd’hui à la convergence de ces grandes mutations technologiques, démographiques et environnementales. Le bâtiment entre dans l’ère du numérique, encouragé par les avancées technologiques, les changements sociétaux et les exigences nationales sur le plan écologique. Cette révolution change la façon de concevoir le bâtiment, de le construire, de l’exploiter mais aussi de l’utiliser ; et l’industrie 4.0 (voir focus) et le BIM sont très logiquement acteurs principaux de cette mutation.

Le BIM permet de casser le cloisonnement entre les différents acteurs du bâtiment, en associant le plus en amont possible les différentes parties prenantes d’un projet, pour établir une vision globale de l’ouvrage. Quel usage pour l’ouvrage ? Quels services proposés ?

Il s’agit maintenant de penser la conception d’un bâtiment en vue de son exploitation et de créer et gérer la donnée en vue de son utilisation.

Créer de la valeur patrimoniale, optimiser les dépenses d’énergie et rendre les bâtiments vivants, évolutifs et adaptés à leurs occupants et leurs usages… Autant de défis auxquels tente de répondre le BIM, qui permet au monde du bâtiment de faire un grand pas vers le futur.

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